A l'Affiche

Le bruit des glaçons

EVENEMENT
Avant-première le samedi 21 Aout lors de la Nuit Blanche



Réalisé par Bertrand Blier (1h27)
Avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro
C'est l'histoire d'un homme qui reçoit la visite de son cancer. " Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance... "





Le bruit des glaçons
Critique de Jean-Philippe GUERAND - excessif.com :
(...) Dès le premier plan, le cinéaste nous embarque dans son univers en suivant la course folle du gaillard hirsute aux yeux riboulants et au sourire ricanant qu'incarne Albert Dupontel. À partir du moment où l'on découvre Jean Dujardin en épave, jamais sans sa bouteille, on se dit que le combat s'annonce inégal. C'est compter sans les ressources d'un scénario qui s'appuie sur une dramaturgie très étudiée et fait la part belle aux dialogues, sans établir pour autant de hiérarchie entre les différents personnages. Blier n'hésite pas à bousculer la chronologie et à briser la linéarité pour placer l'un ou l'autre sur le devant de la scène, le temps d'une séquence voire d'un plan. C'est notamment le cas de la petite amie de l'écrivain que campe Christa Théret, jeune arriviste peu farouche dont la détermination à se sortir coûte que coûte d'une vie de misère est exprimée en un plan magistral : celui du visage impénétrable d'une femme russe qu'on devine être sa mère. Ici, Blier n'a pas besoin de se gargariser de mots. Il fait confiance au pouvoir de l'image et c'est aussi pour cela que Le bruit des glaçons compte parmi ses plus belles réussites : parce qu'il a réussi à se débarrasser de ses artifices pour se concentrer sur l'essentiel : la mise en scène.

À une époque où bon nombre de réalisateurs français de sa génération peinent à se renouveler sinon même à continuer à tourner, ce fringant septuagénaire qui fera jouer simultanément à la rentrée sa nouvelle pièce de théâtre, "Désolé pour la moquette", surprend une nouvelle fois par son audace et ouvre un nouveau chapitre dans une carrière déjà faste en démontrant qu'il a retrouvé cet appétit du cinéma qu'il pensait lui-même avoir perdu.



Le bruit des glaçons
Genèse du film
L'idée du film est venue du visage d'un homme, croisé vint ans plus tôt par le réalisateur, dont il trouvait qu'il avait une tête de cancer. Après en avoir longuement parlé autour de lui sans vraiment envisager d’en faire un film, il s'est mis à écrire très vite et avec beaucoup de plaisir un texte en forme de nouvelle d’une quarantaine de pages qui lui a servi d'assise pour le film.

Casting
Au départ de tous les projets de Bertrand Blier, il y a chaque fois l’idée de Gérard Depardieu qui se profile. Malgré tout Albert Dupontel s’impose le premier pour incarner le cancer.

Une nouvelle façon de tourner
Ce film est le fruit de cinq ans durant lesquels Bertrand Blier n'a pas tourné et dont il a profité pour écrire et réfléchir au cinéma. Après avoir constaté que les plans sublimes et la belle lumière n’intéresse plus grand monde, il prend la décision de faire des films d’une manière sans doute moins ambitieuse et moins esthétique en arrêtant les grands travellings latéraux du cinéma d' Alain Resnais.
Pour le bruit des glaçons, le réalisateur utilise donc un steadycam qui permet une fluidité et un naturel qui vont bien avec l’histoire.


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